The Idea

Bla bla Bla… la rivière des postures….
Some examples
S’interroger pour peser sur le réel
Au centre, un regard circonspect, dubitatif et interrogateur (et non triste) pour rendre compte de mon sentiment initial vis-à-vis de l’exercice de collage et de ce qui pourrait en ressortir (mon côté agitateur informé sans doute, ma tendance récurrente à questionner les termes des débats tels que présentés), mais qui, à postériori, peut-être réinterprété en lien avec ma posture de recherche.
Des éléments épars collés sans vraiment qu’une logique cohérente ait déterminé le choix de ces éléments et la structuration du collage, mais qui faisaient sans doute écho aux différentes facettes de mes activités de recherche… Un narratif (presque) cohérent qui émerge dans l’exercice de mise en dialogue et qui sera largement verbalisé par les collègues plutôt que par moi-même.
Un regard au centre, donc. Représentant le positionnement critique du chercheur, dont les questionnements et idées se retrouvent représentées dans la grande prise électrique jaune (un peu comme une ampoule électrique allumée).
Mais un chercheur tour à tour fouine et poulpe qui navigue des processus complexes impliquant des relations de domination et de pouvoir entre acteurs différenciés – rapace, fouine aussi, et souris des champs. Un chercheur dont les acteurs devraient peut-être se méfier car il n’explicite pas toujours la dimension critique de son travail – tout dire pourrait en effet empêcher de nouer des relations stratégiques que le chercheur perçoit comme nécessaire pour rééquilibrer l’ordre établi, de l’intérieur. Un travail

d’intermédiation qui ne dit pas son nom, qui relève d’un exercice d’équilibriste sur une planche à roulette, et peut parfois apparaître comme une veine tentative d’enfoncer des chaises dans une rivière avec un marteau. Le chercheur tient le marteau – il pilote encore très souvent le processus, potentiellement en décalage avec la situation à laquelle il fait face et à laquelle il espère (contribuer à) apporter une solution – le risque de crash n’est jamais bien loin et il ne sera pas vraiment le premier affecté si l’expérimentation en vient là.
Que faire de tout cela?
Quelles leçons pouvant nous tirer de ce processus réflexif pour que, éventuellement, nos recherches s’inscrivent dans une trajectoire transformative de gouvernance de l’eau imbue de justice.

Faire tourner le tourbillon de la participation
Les coloriages jaunes représentent des contextes arides ou semi-arides dont c’est la couleur dominante. Les taches bleues représentent l’eau, principalement souterraine : elle est là mais on ne la voit pas, ou pas bien, elle se cache et se faufile dans les interstices. Le tourbillon gris représente le dispositif participatif que nous accompagnons : on ne sait pas bien où il ne commence ni où il finit, il se situe en grande partie dans ce contexte mais une partie se déroule aussi en dehors. Ce débordement peut représenter aussi le fait que parfois nos recherches peuvent sortir du cadre et de notre contrôle. Dans ce tourbillon certains acteurs font du skate : ils voguent avec le flux, mais d’autres sont à l’extérieur et ne sont pas pris dans le tourbillon, ils sont en dehors du dispositif participatif. Moi je suis la fille qui grimpe la montagne (sauf que je suis rarement en mini-short pour le faire !) : son objectif est de faire avancer le dispositif, elle met de l’huile dans les rouages (le papier marron de type roche). Sa trajectoire commence ailleurs (en dehors de la feuille) et elle finit également ailleurs, ce dispositif participatif n’est qu’un morceau de sa trajectoire scientifique. Faire avancer ce dispositif lui demande des efforts. Les gommettes de toutes les couleurs représentent des mini-succès : ils prennent différentes formes, ils sont parfois partiels (déchirés), mais c’est ce qui me donne la motivation d’avancer. Les morceaux de texte représentent à la fois mes données et mes productions, qui prennent principalement la forme de texte (entretiens, observations, articles scientifiques, rapports, etc.). En faisant le tour de table, quelqu’un m’a fait remarquer que ces morceaux formaient un « NON » : ce n’était pas volontaire, mais peut-être qu’involontairement ça représente le fait que j’aie envie de me tourner vers d’autres types de données et de productions, plus artistiques. Enfin quand je pensais avoir
fini ce collage, je me suis rendu compte qu’il était très chargé et très dense, ce qui est peut-être révélateur, mais du coup j’en ai déchiré des morceaux pour laisser apparaître le blanc en dessous. Ce blanc représente mes pauses : les week-ends, les vacances, le sport, la peinture ou les moments comme ce séminaire annuel de Transwater. Enlever de la matière pourrait aussi représenter le fait que la recherche est un processus continuellement itératif où on enlève et corrige des choses.
En fond j’ai choisi un décor de film avec des paysages, des infrastructures et différents personnages de différentes tailles. Ça représente l’importance du contexte dans lequel se déroulent nos interventions, avec des acteurs qui peuvent prendre plus ou moins de place en fonction de leurs pouvoirs. Quelqu’un m’a fait remarquer qu’il y avait beaucoup de scènes d’intérieur dans ce contexte, ce qui représente bien le fait que la plupart de ma recherche porte sur des ateliers participatifs qui se déroulent en intérieur (mais c’est mon ambition de réussir à les amener davantage à l’extérieur !).
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