Cambodge

Transition agroécologique dans les grands systèmes d’irrigation

Le conte classique

Au Cambodge, les activités de TRANSWATER se déroulent dans le système d’irrigation de Kanghot, situé dans la province de Battambang, au nord-ouest du pays. Kanghot est représentatif des grands systèmes d’irrigation par gravité destinés à la riziculture, gérés conjointement par le ministère chargé de l’irrigation et les associations d’usagers de l’eau, appelées « communautés d’agriculteurs usagers de l’eau » (FWUC) au Cambodge. Ces systèmes sont confrontés à des problèmes complexes qui font de leur gestion durable un « problème épineux », que le projet se propose de résoudre. À Kanghot, l’irrigation s’accompagne d’une intensification de la culture du riz (2 à 3 saisons par an) et les agriculteurs, principalement conseillés par les fournisseurs d’intrants, achètent des quantités croissantes d’engrais et de pesticides, souvent à crédit, pour maintenir leurs rendements face à la baisse de la fertilité des sols et à l’augmentation des attaques de ravageurs, ce qui soulève des problèmes tant environnementaux que sanitaires. Pourtant, les rendements continuent de fluctuer, en partie parce que l’approvisionnement en eau reste insuffisant pour des raisons infrastructurelles et organisationnelles, malgré la récente réhabilitation du système d’irrigation. Les prix du marché restent également volatils, ce qui a un impact significatif sur les revenus des agriculteurs dans un contexte où la plupart d’entre eux vendent leur paddy directement après la récolte à des négociants vietnamiens.

Ces dynamiques combinées se traduisent par une augmentation (des risques et du niveau) d’endettement et par des changements dans la structure foncière : d’une part, certains agriculteurs sont contraints de vendre leurs terres pour rembourser leurs crédits tandis que, d’autre part, un processus de concentration foncière est à l’œuvre. En bref, les modes actuels de culture du riz dans les systèmes d’irrigation sont non seulement non durables, mais aussi injustes. S’inscrivant dans la lignée d’autres initiatives de recherche pour le développement passées et en cours mises en œuvre à Kanghot, le projet TRANSWATER part du principe que l’agroécologie est une voie prometteuse pour sortir de l’impasse actuelle et vise à soutenir une transition agroécologique dans ce type de système d’irrigation rizicole. Les chercheurs impliqués dans le projet TRANSWATER s’appuient sur la recherche expérimentale et les connaissances générées dans les champs des agriculteurs et les stations expérimentales concernant l’impact positif des pratiques agroécologiques (principalement sur la structure et la fertilité des sols). Ils contribuent à générer des connaissances sur la diversité des pratiques et des profils socio-économiques des agriculteurs, le fonctionnement des chaînes de valeur du riz, ainsi que le cadre institutionnel et politique. Ces connaissances alimentent l’élaboration d’une stratégie d’engagement multiforme avec les acteurs du secteur du riz et de l’irrigation aux niveaux politique, de la chaîne de valeur et local.L’aspect le plus visible de cette stratégie réside dans les sessions de « serious games » au cours desquelles les contraintes et les scénarios liés à la transition agroécologique font l’objet d’une réflexion collective, dans l’espoir que ces discussions débouchent sur des changements dans les pratiques de culture du riz et les stratégies de commercialisation, mais aussi qu’elles influencent les priorités et les orientations politiques.

Et un troisième regard sur les choses

Et nous laissons ici la parole à quelqu’un qui ne connaît pas très bien la région afin de replacer notre action dans son contexte…